Gestion de l'ours noir au Québec - Convention CITES



 

La convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) couvre le commerce transfrontalier d’animaux ou de parties d’animaux. Toutefois, elle ne touche en aucun cas aux modalités de gestion des espèces à l’intérieur des frontières d’un pays signataire.

Le Canada est signataire de la convention CITES, alors que le Québec et les autres provinces canadiennes adhèrent profondément aux principes qui ont présidé à la mise en place de cette convention. Le Québec a appuyé l’inscription de l’ours noir sur l’annexe II de la convention CITES, non pas parce que cette espèce est menacée d’extinction au Canada, mais plutôt en raison de sa ressemblance avec certaines espèces en situation précaire d’Asie et d’Europe.

Il n’est pas permis d’exporter des vésicules biliaires d’ours noirs; la simple possession de ces vésicules est strictement interdite au Québec. Même le chasseur européen ou asiatique qui retourne chez lui avec un ours récolté à la chasse est soumis à cette règle. S’il décide de repartir chez lui avec un ours récolté à la chasse, il peut rapporter un ours noir ou certaines parties de cet ours, mais en aucun cas il ne peut emporter de vésicule biliaire. Un contrôle très strict de cette directive est appliqué par Environnement Canada, organisme qui émet les permis CITES.

Toutefois, un permis CITES n’est pas requis pour un résident des États-Unis qui, lui-même, exporte du Canada ou importe au Canada, dans ses bagages personnels, un ours noir qui est le produit de sa propre chasse, à la condition que cet ours ou sa partie soit à l’état frais, congelé ou salé. Si l’ours ou sa partie est naturalisé, apprêté ou autrement préservé ou transporté par une personne autre que le chasseur qui l’a abattu, un permis CITES est requis.

Pour plus d'information sur la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, consultez le site Internet d' Environnement Canada.

Modalités de gestion

La capture de quatre ours noirs par piégeur est autorisée dans certains territoires où les populations importantes d’ours sont à l’origine de nombreux problèmes. Cette gestion de la récolte ne met pas en péril les populations, mais permet plutôt d’en limiter l’expansion. Dans plusieurs régions du Québec, les quotas de capture ont ainsi été augmentés au cours des dernières années et les populations d’ours noirs sont en croissance. Par ailleurs, un plan de gestion des populations d'ours est établi pour chacune des zones de chasse et fixe les modalités de récolte en prenant d'abord en considération la pérennité des populations. Au Québec, la récolte totale annuelle est de l'ordre de 4 000 à 5 000 ours. Quand on considère qu'en 2005, on a estimé à 70 000 (après chasse et piégeage) la population d’ours noirs du Québec, on ne peut pas parler ici de surexploitation.

Jusqu’en 1998, il y avait deux saisons de chasse à l’ours au Québec : une au printemps et une autre à l’automne. À l'heure actuelle, sauf dans certaines zones nordiques et dans quelques zones où le potentiel le permet, il n’y a plus qu’au printemps que l’on pratique cette chasse. Et comme au printemps les femelles sont plus discrètes avec leurs petits, on observe qu’il y a moins de femelles récoltées à cette période qu’à l’automne, donc moins d’orphelins.

Loin d’être nuisibles à la faune, les activités de chasse et de piégeage concourent au maintien d’un équilibre que l’ensemble des activités humaines a lourdement perturbé. Grâce à ces outils régulateurs, on s’assure de ne pas permettre à une espèce de croître jusqu’à un niveau où elle mettrait en péril la survie d’autres éléments importants de son habitat ou la sécurité des citoyens. Bien entendu, cet équilibre se maintenait tout naturellement avant l’arrivée de l’homme sur ce continent. Mais maintenant que, par notre présence, nous avons grandement transformé les écosystèmes, ceux-ci n’ont plus la même capacité d’adaptation. Notre intervention est devenue nécessaire et c’est pour cette raison que nous avons mis en place un plan de gestion de l’ours noir qui s’appuie sur un suivi annuel de la récolte dans chaque zone de chasse. L’enregistrement de toutes les prises est obligatoire. La chasse et le piégeage sont maintenant des outils indispensables à une saine gestion des populations animales.

L’homme occupe de plus en plus de place sur la planète. Alors qu’il y a quelques siècles la survie de l’homme reposait sur les animaux qu’il chassait, aujourd’hui c’est la survie des animaux qui repose sur l’homme. C’est notre responsabilité d’assurer la pérennité des espèces animales et c’est pourquoi nous appliquons des règles de gestion rigoureuses en matière d’exploitation de la faune.

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