Études et recherches


La gestion de la faune, pour être efficace, doit être basée sur une solide connaissance des espèces en cause et de leur habitat. Pour ce faire, les spécialistes du Ministère réalisent régulièrement des bilans et des travaux d’acquisition de connaissances sur la faune et sur son milieu de vie. Cette section présente un aperçu des plus récentes études et recherches actuellement en cours ainsi que la publication qui s’y rattache lorsque disponible.

Aperçu de quelques études

À la découverte des poissons de la voie navigable du Saint-Laurent


Équipe de recherche ayant participé à la mission scientifique. sur le fleuve Saint-Laurent
Source : Andrea Bertolo

Au mois d’août dernier, les chercheurs et techniciens de la faune du Ministère complétaient une importante mission scientifique sur le fleuve Saint-Laurent. Cette mission unique, effectuée en partenariat avec plusieurs directions régionales et universités, quantifiera l’utilisation du chenal de navigation par les poissons du fleuve Saint-Laurent, une opération qui était impossible jusqu’à tout récemment.
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Accidents routiers impliquant l’orignal : à la recherche de solutions


Des appareils photos déclenchés par un détecteur de mouvement ont permis de recenser les visites des orignaux aux mares salines. L’heure et la date de la visite sont indiquées au bas de la photo.
Source : MRNF, 2007

L’objectif de cette étude était de déterminer les facteurs environnementaux qui influencent l’occurrence des accidents routiers avec l’orignal et d’évaluer l’efficacité de la clôture électrique et de l’élimination des mares salines en bordure des routes de ces accidents. L’étude s’est déroulée dans la réserve faunique des Laurentides entre les hivers 2003 et 2006. La première étape a été d’identifier les périodes de l’année et du jour les plus propices aux accidents et de déterminer les caractéristiques des sites où ils se produisent. Les résultats indiquent que les accidents sont plus fréquents au cours de la nuit et ce, de la mi-juin à la mi-juillet. Ils se produisent surtout dans les secteurs où la densité de l’orignal est élevée et le long des segments de routes avec une mare saline. Nous avons évalué l’efficacité de l’élimination des mares salines comme mesure d’atténuation en comparant la fréquentation de mares avant et après leur élimination. À la suite des aménagements, la fréquence et la durée des visites ont diminué. Nous avons évalué l’efficacité de la clôture électrique par inventaires de pistes. Globalement, la clôture a empêché 80 % des orignaux de rejoindre la chaussée et aucun accident n’est survenu dans les secteurs clôturés au cours de l’étude. Enfin, nous avons étudié le comportement des orignaux adultes le long des routes par télémétrie GPS (47 individus). Les orignaux évitaient les routes jusqu’à 500 mètres, mais ils faisaient des excursions occasionnelles en bordure de celles-ci afin d’obtenir du sodium dans les mares salines et la végétation.
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Acquisition de connaissances pour la protection de la tortue mouchetée en Outaouais


Tortue mouchetée munie d’un émetteur localisée dans la forêt alors qu’elle effectuait un déplacement terrestre de plus d’un kilomètre entre deux milieux humides.
Source : Sébastien Méthot

Le but du projet, débuté en 2007, est d’acquérir les connaissances pour protéger les habitats de tortues mouchetées, une espèce désignée menacée, ainsi que de déterminer les menaces affectant le maintien de ses populations en Outaouais. La première étape a été d’effectuer des inventaires visuels pour préciser la répartition de l’espèce dans la région. Cela a permis de cartographier les milieux humides où l’espèce est présente, ainsi que de délimiter des aires prioritaires de conservation et de proposer des corridors naturels favorisant les échanges entre les sites.

Dans la seconde phase, qui s’étalera de 2009 à 2011, une cinquantaine de tortues mouchetées seront capturées dans cinq aires prioritaires de conservation et seront équipées d’un émetteur de télémétrie afin de suivre leurs déplacements. Cela permettra d’en connaître davantage sur les patrons et les capacités de déplacements de cette tortue, ainsi que sur les habitats qu’elle utilise. La télémétrie permettra également de documenter les sources de mortalité de ces tortues, telles que le passage de véhicules sur les routes ou de la machinerie dans les champs agricoles. Il sera alors possible de chiffrer le taux de mortalité des tortues et, au besoin, de déterminer les menaces à atténuer pour assurer, au cours des prochaines années, le maintien des populations de cette espèce dans les aires prioritaires de conservation.
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Comment expliquer le succès de chasse au cerf de Virginie à l’Île d’Anticosti?


L’Île d’Anticosti est sans aucun doute la destination rêvée pour la chasse au cerf de Virginie. Les densités dépassent 20 cerfs/km2 en moyenne et peuvent même atteindre plus de 60 cerfs/km2 localement. La chasse est la principale source de revenus sur l’Île.
Source : Marie-Andrée Giroux, 2008

La plupart des gestionnaires de la faune considèrent la chasse sportive comme l’outil de gestion le plus efficace pour contrôler les populations de grands cervidés sur de vastes territoires. À l’Île d’Anticosti, la chasse est le seul outil socialement acceptable pour atténuer les problèmes reliés à la surpopulation du cerf de Virginie. Une meilleure compréhension des contraintes qui limitent l’efficacité de la chasse pourrait permettre l’adoption de modalités d’aménagement favorisant le maintien d’une qualité de chasse élevée. Avec cette étude, nous avons identifié les caractéristiques environnementales qui influencent, à petite et grande échelles spatiales, la répartition des cerfs récoltés sur les différents territoires des pourvoiries sur l’Île d’Anticosti. Aussi, nous avons étudié l'effet du comportement des chasseurs sur leur efficacité en les munissant de petits GPS portatifs qu'ils ont transporté lors de leur séjour de chasse. Puisque la chasse est le principal moteur économique de l’Île, une meilleure connaissance des facteurs qui influencent la récolte du gibier par le chasseur contribuera à conserver l’attrait de cette activité, tout en accroissant son efficacité comme outil de gestion.
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Effets écologiques des fortes densités de l’orignal en Gaspésie


Les chasseurs se présentaient avec leur orignal à des stations d’enregistrement, comme ici sur la zec Casault, afin de permettre aux biologistes de prendre des échantillons, des mesures et de peser leur prise.
Source : Jean-Pierre Tremblay

On compte beaucoup d’orignaux au cœur de la Gaspésie; peut-être plus que ce que l’habitat peut supporter à certains endroits. Les fortes densités de l’orignal peuvent nuire à la régénération de la forêt, une situation non souhaitable autant pour le grand cervidé que pour l’exploitant forestier. Le Ministère s’est associé à des chercheurs de l’Université Laval afin de réaliser des études pour déterminer les effets de ces fortes densités sur l’orignal et sur l’habitat forestier. Un des volets de la recherche, amorcée en 2008, vise à évaluer les effets des grands nombres d’orignaux sur la régénération forestière. Un autre volet de la recherche a commencé lors de la chasse, à l’automne 2009, afin de mesurer la condition physique des orignaux récoltés par les chasseurs. Les biologistes, Serge Couturier du Ministère, Jean-Pierre Tremblay, Julie Lambert et Janick Gingras, de l’Université Laval, ont choisi une approche comparative en recueillant des données dans les réserves fauniques de Matane, des Chic-Chocs et de Dunière ainsi que dans la Pourvoirie de la seigneurie du lac Métis et dans la zec Casault. Ces territoires affichent des densités d’orignaux différentes, mais élevées.
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L’état de santé des chauves-souris au Québec : une situation préoccupante à suivre de près


Une petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus).
Source : Frédérick Lelièvre - MRNF

Depuis l’hiver 2006-2007, le syndrome du museau blanc est associé à des mortalités massives au sein des colonies de chauves-souris du nord-est des États-Unis. Malheureusement, ce syndrome a été documenté en Ontario et au Québec au printemps 2010. Cette situation constitue un problème très préoccupant pour la conservation des chauves-souris au Québec, ainsi que dans le nord-est de l’Amérique du Nord. Puisque ce syndrome a déjà décimé plusieurs colonies de chauves-souris aux États-Unis, il est crucial de bien comprendre l’état de santé actuel des populations de chauves-souris au Québec. Cela permettra de mieux mesurer les impacts de l’introduction récente de ce syndrome. À l’automne 2009, une équipe du Ministère a donc mené un projet visant à évaluer l’état de santé de trois populations de chauves-souris dans le sud du Québec.
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Étude de l’utilisation de l’habitat par le raton laveur et la moufette rayée dans le cadre du plan de lutte contre la rage du raton laveur


Un biologiste et un technicien de la faune s’apprêtant à installer un collier GPS sur un raton laveur en Montérégie.
Source : Pierre Canac-Marquis

La variante de la rage du raton laveur a été documentée pour la première fois au Québec en 2006. Depuis le premier cas détecté, des activités de surveillance, de contrôle et de communication ont été rapidement mises en place afin de protéger la population québécoise contre cette maladie virale mortelle. Sur le plan des interventions de contrôle, le gouvernement du Québec a principalement axé ses opérations sur l’épandage aérien d’appâts vaccinaux depuis 2008, et ce, sur de vastes superficies. Cette intervention permet d’immuniser une partie des ratons laveurs et des moufettes rayées retrouvés dans les zones à risque de façon à contrer la propagation de la rage.

Ainsi, il importe d’épandre les plus fortes densités d’appâts vaccinaux dans les habitats où la probabilité qu’ils soient consommés par les ratons et les moufettes est la plus élevée. Il devient alors primordial d’acquérir une connaissance approfondie de l’utilisation des habitats de ces deux espèces, dans la région où les cas de rage ont été détectés jusqu’à ce jour. Pour ce faire, le Ministère, en collaboration avec l’Université Laval et l’Université de Sherbrooke, a muni 30 ratons laveurs et 29 mouffettes rayées de colliers Global Positioning System (GPS) afin de mieux connaître la biologie de ces deux espèces.
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Étude de la biologie du dindon sauvage au Québec


Les émetteurs radio permettent de suivre les dindons afin de mieux comprendre leurs habitudes.
Source : A. Renard, MRNF

Le Ministère a entrepris, en 2009-2010, un projet de suivi du dindon sauvage dans la Montérégie. Réalisé en collaboration avec la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (Fédé CP) et l’Université Laval, ce projet se poursuivra au cours des deux prochaines années. Il permettra notamment de collecter des données qui favoriseront le développement d’indicateurs fiables et l’exploitation durable de cette ressource.

Le projet vise à évaluer l’impact de la rigueur de l’hiver et des conditions climatiques sur la reproduction et la survie des mâles et des femelles adultes dans les régions du sud du Québec. Il vise également à identifier les habitats utilisés par les dindons et à préciser l’importance des apports du milieu agricole pour la survie du dindon en hiver. Cette étude fait d’ailleurs partie d’une thèse de doctorat menée par un étudiant de l’Université Laval.

La capture de dindons sauvages a eu lieu en janvier 2010 et a permis de fixer un émetteur radio à 20 spécimens afin de les suivre et ainsi connaître leurs habitudes et différents aspects de leur biologie.
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Évaluation des habitats essentiels du tétras du Canada au sud du Québec


Une poule tétras suivie par télémétrie.
Source : G. Desrosiers

Ce projet vise à identifier les habitats essentiels d’une population de tétras du Canada retrouvée dans le comté de Lotbinière en Chaudière-Appalaches. Il est réalisé en collaboration avec l’Université Laval, la Fondation de la faune du Québec et la Conférence régionale des élus de la Chaudière-Appalaches. Les travaux ont débuté en 2007 et se termineront à la fin de l’été 2010. Les résultats devront être disponibles à partir de 2011.
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Impact de la remise à l’eau sur le succès reproducteur du saumon atlantique


Pêche au saumon atlantique sur la rivière des Escoumins, Québec.
Source : Antoine Richard

La remise à l’eau après capture des saumons de grande taille est utilisée dans l’est du Canada afin d’assurer le renouvellement de la ressource associée aux populations en déclin, tout en permettant un accès pour les pêcheurs sportifs. Bien que plusieurs études suggèrent un taux de survie élevé à la suite de la remise à l’eau chez le saumon atlantique, l’effet de cette pratique sur le succès de la reproduction de cette espèce demeure peu connu. Il est donc essentiel de mieux déterminer l’influence de cette pratique afin d’en évaluer les impacts à long terme sur la persistance des populations exploitées.
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La réfection de la route 175 compromet-elle la conservation du caribou forestier dans Charlevoix?


La route 175 traverse la réserve faunique des Laurentides dans un axe nord-sud. En 2006, les gouvernements du Québec et du Canada ont démarré un projet de réfection pour augmenter la sécurité sur cette route. Elle sera réaménagée de façon à offrir deux voies dans chaque direction divisées par un terre-plein central. Ces travaux de grande envergure pourraient avoir une répercussion sur le caribou de Charlevoix.
Source : MTQ, 2009

La route 175 dans la réserve faunique des Laurentides est réaménagée pour offrir 2 voies dans chaque direction. Ces changements pourraient compromettre la conservation du caribou forestier, non seulement en augmentant le risque de collision avec cette espèce, mais aussi en limitant sa capacité de dispersion dans l’environnement. Certains habitats propices pourraient devenir inaccessibles et l’efficacité de la dispersion printanière en tant que stratégie anti-prédatrice pourrait être affectée. Si la présence du caribou est prévisible, nous craignons que le loup s’y intéresse davantage. La route pourrait aussi limiter les opportunités de rencontre entre les individus pendant la reproduction. Avec ce projet, nous déterminerons les changements dans les déplacements du caribou à la suite des modifications de la route, les périodes d’activités du caribou en bordure de la route, et les changements des interactions entre le caribou et son principal prédateur, le loup. Depuis 2004, nous avons installé des colliers GPS au cou d’environ 40 caribous et 30 loups afin de connaître leur position plusieurs fois par jour sur une base annuelle. Une meilleure connaissance des déplacements et des habitats utilisés permettra de mieux cibler les mesures d’atténuation visant à limiter l’impact de la route sur le caribou.
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La réintroduction du bar rayé dans le Saint-Laurent


Bar rayé

La population de bars rayés du fleuve Saint-Laurent a disparu vers le milieu des années 60. Près de 40 ans plus tard s’est amorcé un processus audacieux visant à faire revivre le bar rayé dans le fleuve. Il appert que la survie des bars ensemencés depuis 2002 soit très élevée et qu’ils occupent la même aire de répartition que leurs prédécesseurs. La nourriture et les habitats de croissance dans le fleuve Saint-Laurent ne semblent pas limitants pour le niveau d’abondance actuel de la nouvelle population de bars rayés. La capture en 2008 d’individus âgés de moins d’un an nous permet de confirmer, pour la première fois depuis les années 60 qu’il y a eu reproduction naturelle de cette espèce dans le fleuve Saint-Laurent.
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Suivi télémétrique des oiseaux de proie avant l’élaboration de parcs éoliens


Pygargue à tête blanche muni d’un émetteur satellitaire.
Source : Raymond McNicoll, MRNF

L’industrie éolienne est en pleine expansion un peu partout dans le monde et, jusqu’à présent, différentes études démontrent qu’il existe des risques de collision entre les oiseaux et les éoliennes, que ce soit en période de reproduction ou de migration. Toutefois, ces études révèlent que le nombre de cas de mortalité est relativement faible, qu’il varie considérablement selon les sites et que, dans certaines régions, le nombre d’oiseaux morts est particulièrement élevé.

C’est dans ce contexte que le Ministère a élaboré un protocole d’inventaire sur les oiseaux de proie à l’intention des promoteurs éoliens. L’objectif premier de ce protocole est de s’assurer que les études d’impact qui doivent être réalisées dans le cadre de projets d’implantation de parcs éoliens prendront en considération les besoins des oiseaux de proie, et particulièrement, des espèces à statut précaire. Un des objectifs particuliers couvre la période de reproduction chez ces oiseaux. Le protocole précise que, pour chacun des sites considérés pour l’implantation d’éoliennes, un inventaire doit être fait afin de déterminer s’il existe des sites de nidification d’espèces d’oiseaux de proie désignées menacées ou vulnérables (en l’occurrence l’aigle royal, le faucon pèlerin et le pygargue à tête blanche) à l’intérieur d’un rayon de 20 km de la position projetée des éoliennes. Dans l’affirmative, un suivi télémétrique est prévu pour délimiter les domaines vitaux des oiseaux en question.
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Surveillance de la maladie débilitante chronique des cervidés (MDC)


Prélèvement de la tête d'un cerf victime d'accident de la route.
Source : Marie-Ève Gingras, MRNF

Depuis 2007, le Ministère coordonne un programme de surveillance dans la population de cervidés sauvages de l’extrême sud du Québec afin de détecter, le cas échéant, l’introduction de la maladie débilitante chronique des cervidés (MDC).

Le programme vise essentiellement la collecte et l’analyse des cerfs de Virginie victimes d’accident de la route, auxquels s’ajoutent les cerfs saisis à la suite de braconnage et ceux abattus pour cause de signes cliniques pouvant être associés à la MDC. Du 1er octobre 2007 au 31 septembre 2009, un total de 1 604 cerfs de Virginie ont été analysés pour la détection de la MDC et aucun cas n’a été décelé.
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