La capture accidentelle des oiseaux de proie



 

Les oiseaux de proie effectuent des migrations importantes à l’automne, durant la saison de piégeage, ce qui les rend particulièrement susceptibles d’être capturés accidentellement. Plusieurs captures accidentelles d’oiseaux de proie sont déclarées chaque année au Ministère, dont une dizaine de captures accidentelles de pygargue à tête blanche et d'aigle royal, deux espèces désignées comme vulnérables au Québec.


Ce nombre de captures est suffisant pour nuire au rétablissement de ces espèces en raison du faible effectif de leurs populations au Québec. Dans les faits, les captures sont probablement supérieures à celles déclarées puisque, malheureusement, plusieurs citoyens craignent d'être blâmés. Pourtant, aucune sanction n’est appliquée à celui ou celle qui fait une telle déclaration.

Les techniques de colletage utilisées à l’enclos à canidés causent la majorité des captures accidentelles, et plus particulièrement les enclos de petites dimensions situés près de milieux ouverts. Comme les aigles peuvent voir une proie de très loin et qu'ils sont également attirés par les corvidés (corneilles, corbeaux et mésangeais du Canada) qui se nourrissent des appâts, cette technique de piégeage représente un réel danger pour l’oiseau. En effet, s’il est incapable de se poser directement près des appâts, il se posera plus loin et marchera vers l’appât en utilisant les passages dégagés. C’est alors qu’il se prendra dans un collet ou un piège de rétention. La majorité des captures rapportées sont survenues entre le 18 octobre et le 15 décembre, durant la période de migration. La période la plus critique a lieu en novembre. Ainsi, le fait de n’utiliser la technique de colletage à l’enclos qu’à partir de décembre diminue de façon importante les risques de prises accidentelles d’oiseaux de proie.

Trucs et conseils pour réduire les risques de captures accidentelles

Les oiseaux de proie chassent et trouvent leur nourriture grâce à leur excellente vision. Afin d'éviter les prises accidentelles d’oiseaux de proie, les appâts utilisés pour attirer les canidés ne doivent en aucun cas être visibles du haut des airs. Il est donc très important d’enterrer complètement les appâts et de les fixer solidement en un point situé au centre de l'enclos. La présence de corvidés près des appâts indique que le camouflage est mauvais. Il est recommandé d’utiliser de petits appâts car il est ainsi plus facile de les camoufler et de les fixer. En procédant de cette façon, vous diminuerez grandement les risques d’une capture accidentelle.

Dans le cas d'un enclos naturel fermé du haut des airs, on doit :

  • bien cacher ou enterrer complètement l'appât et le fixer solidement;
  • éloigner l'enclos des chemins ou des ouvertures (en raison de leur grande envergure d’ailes, les aigles doivent se poser dans des endroits dégagés);
  • éviter de construire un chemin d'accès conduisant à l'intérieur de l'enclos ou, à tout le moins, ne pas installer de collet sur ce chemin. De toute façon, il est peu probable qu'un canidé utilise ce chemin pour se rendre à l'appât;
  • éviter de dégager l'intérieur de l'enclos afin que l'appât ne soit pas visible du haut des airs.

Dans le cas d'un enclos aménagé ou naturel, ouvert du haut des airs, on doit :

  • bien cacher ou enterrer complètement l'appât et le fixer solidement;
  • réaliser un enclos assez grand pour que l'oiseau puisse se poser directement à l'intérieur (minimum de 30 m de diamètre);
  • conserver une bonne distance entre les collets et l'appât pour éviter que l'oiseau se prenne au piège une fois dans l'enclos (minimum de 15 m). 

Si toutefois vous capturez un oiseau de proie dans l’un de vos pièges, qu’il soit mort ou vivant, vous devez le signaler à un agent de protection de la faune. Vivant ou mort, vous devez libérer un oiseau de proie du piège qui le retient. Toutefois, ne le relâchez pas sur place même si l'oiseau ne présente aucune blessure apparente. En effet, il peut souffrir d'engelures ou d'un épuisement physique nécessitant des soins. Lorsque l'oiseau est vivant :

  1. Enfilez des gants épais qui vous protégeront des coups de griffes ou de bec.
  2. Couvrez-lui la tête (d'un vêtement ou d'une couverture) pour lui bloquer la vue et le calmer. Si vous êtes deux personnes, l'une fait diversion pendant que l'autre le couvre en passant par l'arrière de l'oiseau. 
  3. Il est important de maîtriser les pattes en couvrant les serres avec un linge (serviette, écharpe, etc.). Ensuite, tenez-le bien dans vos bras pendant que l'autre coupe le collet ou ouvre le piège. Si vous êtes seul, enroulez tout l'oiseau dans un linge (sauf la patte qui est prise, si c'est le cas). Coupez le collet ou ouvrez le piège.
  4. Transportez l'oiseau ainsi enroulé, ou dans une poche de jute, jusqu'à ce que vous disposiez d'un grand contenant de plastique perforé ou d'une boîte de carton solide. Le fond du contenant doit être rempli de lanières de papier journal.
  5. Retirez le linge et placez-le dans ce contenant. Il est important de NE JAMAIS placer un oiseau de proie dans une cage grillagée, car il pourrait se blesser. Gardez-le dans un endroit sombre, à environ 22°C.
  6. Appelez un agent de protection de la faune pour qu'il vienne le récupérer  (SOS braconnage : 1 800 463-2191 ou par courriel : centralesos@mffp.gouv.qc.ca).

L'agent qui viendra le recueillir s'occupera de le remettre à l'UQROP (Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie). Vous pouvez également consulter le site de  l'UQROP la sur la manipulation et la réhabilitation d'un oiseau de proie..

Le taux de survie des oiseaux qui y sont admis est de 75 %, et 50 % de ceux-ci sont remis en liberté. Les autres peuvent être remis à un jardin zoologique ou servir à des fins éducatives. Que l'oiseau soit vivant ou mort, déclarez-le sans délai à un agent de protection de la faune. Même mort, l'oiseau peut constituer une source importante de renseignements pour les biologistes.

Votre collaboration sera des plus appréciées.


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