Refuges fauniques



 

L’article 122 de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune prévoit que le ministre peut établir sur des terres du domaine de l’État, sur des terrains privés, ou sur les deux à la fois, un refuge faunique dont les conditions d’utilisation des ressources et, accessoirement, les conditions de pratique d’activités récréatives sont fixées en vue de conserver l’habitat de la faune ou d’une espèce faunique. Dans le cas où l’habitat serait situé sur des terres privées, le ministre doit conclure une entente de gré à gré avec le propriétaire.


Le refuge faunique sert de moyen de préserver l’intégrité d’un habitat faunique d’importance, reconnu à l’échelle régionale ou provinciale pour sa productivité faunique, sa densité et la diversité faunique qu’il renferme ou, encore, le support qu’il représente pour une espèce rare, menacée ou vulnérable.

Dans un refuge faunique, le gouvernement détermine par règlement les conditions d'utilisation d'accessibilité particulière et de séjour pour chacun de ces refuges fauniques. Actuellement, il en existe neuf au Québec.

  • Le refuge faunique de la Grande-Île est formé de 145 hectares de terre du domaine de l’État. Ce site, localisé dans les îles de Berthier-Sorel a été désigné refuge faunique en 1992 et abrite une des plus grandes héronnières en Amérique du Nord.
  • Le refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles est un site exceptionnel tant du point de vue de la faune que de la flore. Il est, entre autres, l’habitat d’animaux susceptibles d’être désignés menacés ou vulnérables. Il représente un milieu d’une très haute diversité. Ce territoire protégé en 1998 est constitué de dix îles couvrant 26,2 hectares de terres privées appartenant aux villes de Laval et de Rosemère et à l’organisme Éconature. Ce dernier assume la gestion de ce site.
  • Le refuge faunique de Pointe-de-l’Est aux Îles-de-la-Madeleine, créé en 1998, est un site de nidification du pluvier siffleur et du grèbe esclavon que l’on retrouve uniquement à cet endroit au Québec. De plus, l’avifaune du rivage et des milieux humides y est particulièrement bien représentée. Plus de 150 espèces y ont été recensées et environ le tiers de celles-ci y nichent. Ce territoire de 1 290 hectares est entièrement constitué de terres du domaine de l’État.
  • Le refuge faunique de Deux-Montagnes d’une superficie de 5,113 hectares est situé dans la municipalité du même nom. Créé en 2000, ce refuge faunique est un site exceptionnel pour l’habitat de la couleuvre brune. De plus, 74 autres espèces fauniques ont pu y être observées. Le territoire du refuge faunique est la propriété de l’Agence métropolitaine de transport (AMT).
  • Le refuge faunique de l’Îlet-aux-Alouettes, créé en 2001, est situé sur des terres du domaine de l’État et localisé dans le fleuve Saint-Laurent à l’embouchure de la rivière Saguenay. Cette petite île de 0,32 hectare abrite une importante colonie d’oiseaux pouvant atteindre 3 800 nids à l’hectare. Plus particulièrement, elle est un site de nidification de l’eider à duvet et du cormoran à aigrettes.
  • Le refuge faunique de l’Île-Laval est l’un des rares endroits sur la Côte-Nord où se rencontre une si grande diversité d’oiseaux aquatiques. On y retrouve une héronnière ainsi que la plus importante colonie de mouettes tridactyles, la plus grande cormorandière et la plus grande colonie de goélands argentés de cette région. C’est aussi l’habitat de l’eider à duvet, le troisième plus important lieu de nidification pour cette espèce. On y retrouve également de nombreuses autres espèces d’oiseaux nicheurs. Situé sur des terres du domaine de l’État et d’une superficie de 31,5 hectares, l’Île-Laval est située dans les limites de la municipalité de Forestville.
  • Le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin, portant le nom du naturaliste qui a fait la première description scientifique du chevalier cuivré, est localisé sur la rivière Richelieu, à la hauteur des municipalités de Chambly et de Richelieu. Ce refuge faunique d’une superficie de 63,12 hectares, est constitué d’une association d’îles et d’eaux vives (rapides de Chambly). Le site des rapides de Chambly représente un habitat de fraie crucial et indispensable à la survie du chevalier cuivré, un poisson dont la situation est extrêmement précaire et qui a été désigné espèce menacée par le gouvernement du Québec. Ainsi, des restrictions d’accès à ses aires de fraie pendant sa période de reproduction seront établies. Ce milieu d’eaux vives offre une diversité d’habitats qui profitent à 57 des 75 espèces recensées dans la rivière Richelieu. Le fouille-roche gris et le chevalier de rivière, espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables, sont aussi présents dans les rapides. Le territoire du refuge faunique est la propriété de Hydro-Québec et de la municipalité de Richelieu.
  • Le refuge faunique des Battures-de-Saint-Fulgence situé dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le refuge faunique des Battures-de-Saint-Fulgence est une halte migratoire d'importance pour la sauvagine et un site reconnu pour l'abondance et la diversité de l'avifaune. Des 312 espèces d'oiseaux répertoriés dans cette région, 242 espèces ont été observées sur le site de ce refuge faunique. Au printemps, entre 6 000 et 9 000 bernaches du Canada y sont dénombrées. Ce refuge faunique, d'une superficie de 209,3 hectares, est constitué de terres privées appartenant à la municipalité de Saint-Fulgence et de terres du domaine de l'État.
  • Le refuge faunique de Pointe-du-Lac  situé dans la région de la Mauricie a été établi pour conserver un habitat exceptionnel pour la sauvagine. Ce site de 261 hectares est localisé dans un secteur de faible profondeur d’eau qui est doté d’herbiers aquatiques. Cet habitat est utilisé pour le repos et l’alimentation d’un nombre important et d’une grande diversité de canards plongeurs. Il est parmi les plus importants à l’échelle régionale.

Le Ministère peut également, en vertu de dispositions de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (article 123), autoriser l’appellation « refuge faunique » pour reconnaître la particularité faunique d’un terrain privé. Dans ces cas, aucune délimitation officielle n’est faite et aucune réglementation particulière ne s’applique à ce territoire. Des appellations de refuge faunique ont été autorisées pour deux territoires.

  • Le refuge faunique Marguerite-D’Youville, situé sur une terre privée d’une superficie de 223,5 hectares, englobe l’île Saint-Bernard et la commune de Châteauguay où l’on retrouve les milieux les plus riches et les plus productifs des rives du lac St-Louis. On note la présence dans ce milieu de plus de 80 espèces d’oiseaux. L’appellation de «refuge faunique» a été autorisée en 1993. 
  • Le refuge faunique du Barachois-de-Carleton est un milieu très productif qui comporte une faune des plus riches. Situé sur des terres privées, ce site d’une superficie de 10,9 hectares revêt une importance majeure à l’échelle régionale et contribue au maintien d’une faune abondante et diversifiée dans cette partie de la Baie-des-Chaleurs. Ce site abrite une des plus importantes colonies de sternes pierregarin de l’Est du Québec ainsi que de nombreuses autres espèces d’oiseaux aquatiques et de rivage. Le Ministère a autorisé la ville de Carleton, propriétaire de ce site, à utiliser l’appellation de «refuge faunique» pour identifier ce site. Cette reconnaissance a été accordée en 1995.

Dernière mise à jour : décembre 2016



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