Stratégie de protection des forêts

Gestion du feu, des insectes et des maladies des arbres










Cartes écoforestières
Gestion de l'information des agences régionales de mise en valeur des forêts privées (GIA)
Gestion des transmissions de rapports d’activité technique et financier (RATF)
Permis d'exploitation d'usine de transformation
du bois
Plans d'aménagement et thématiques forestières

Portail mesurage et facturation

Système PLANTS

 

 






Protection des forêts contre les insectes et les maladies

Comme les forêts sont essentielles au maintien de la qualité de vie des Québécois, le gouvernement met tout en œuvre pour les mettre en valeur et pour les protéger, notamment contre certains effets néfastes causés par les insectes et les maladies.


À titre de gestionnaire du territoire public, le Ministère doit voir à ce que des stratégies soient déployées sur le territoire aménagé afin de s'assurer du bon état de santé des arbres et de réduire les pertes éventuelles de bois.

Une stratégie globale de protection des forêts contre les insectes et les maladies

La protection des forêts contre les insectes et les maladies est intimement liée à l'aménagement forestier. Elle ne peut donc être efficace que si elle est intégrée à une stratégie globale, fondée sur une connaissance approfondie du milieu forestier, incluant le rôle des insectes et des maladies dans la dynamique des forêts.

La stratégie québécoise de protection est articulée autour de trois axes principaux :

La prévention

La prévention vise, d'une part, à augmenter la résistance des peuplements face aux maladies et aux épidémies et, d'autre part, à réduire progressivement l'envergure des perturbations et leur impact, en réunissant des conditions défavorables à l'émergence des épidémies ou susceptibles d'en atténuer les effets. La stratégie de prévention repose sur des principes écologiques, dont le respect de la dynamique naturelle des peuplements et l'adaptation des travaux aux caractéristiques des stations forestières.

Les gestionnaires forestiers doivent tenir compte de ces principes lorsqu'ils planifient les travaux sylvicoles. Ils peuvent avoir recours à l'expertise des spécialistes du Ministère pour analyser les données disponibles et puiser dans leur propre connaissance du territoire pour repérer les peuplements vulnérables et signaler ceux qui doivent faire l'objet d'une protection particulière. Cet exercice leur permet de récolter en priorité les peuplements qui courent le plus de risques, comme les sapinières parvenues à maturité, et d'effectuer les travaux sylvicoles requis pour augmenter la résistance des autres peuplements face à une éventuelle épidémie. De plus, s'ils doivent faire du reboisement, ils sont en mesure de choisir des espèces bien adaptées aux sites en cause.

La détection

La détection revêt une importance cruciale, car plus elle est hâtive, plus le nombre de tactiques d'intervention adéquates est grand, et plus les dommages peuvent être réduits. Cette activité permet de dépister et de localiser les infestations d'insectes forestiers à caractère épidémique et de suivre leur évolution à l'aide de réseaux de surveillance provinciaux et de relevés aériens des dommages. La détection est l'une des composantes essentielles de la Stratégie de protection des forêts. Elle a pour but de déceler l'émergence de problèmes, d'évaluer leurs répercussions sur le milieu forestier, de déterminer et de mettre en place rapidement les moyens d'intervention requis afin de limiter les dommages et les pertes économiques éventuelles.

Le relevé des insectes et des maladies des arbres du Québec est effectué depuis 1938. Jusqu'en 1984, le Ministère ne faisait que des échantillonnages qualitatifs. Depuis, le relevé annuel est également quantitatif. Le Ministère accorde la priorité aux zones forestières suivantes : les forêts publiques et privées, les aires reboisées, les aires aménagées intensivement et les zones de récréation et de protection accrue. La détection et le suivi des insectes et des maladies exigent de nombreux travaux d'échantillonnage.

La Direction de la protection des forêts a établi un vaste réseau de stations permanentes et temporaires d'observation réparties dans toute la province. Les stations permanentes permettent un suivi à très long terme des insectes et des maladies. Elles sont établies à partir des caractéristiques écoforestières régionales et de l'historique des épidémies d'insectes. Les coupes forestières, les feux de forêt et les autres perturbations majeures peuvent forcer le renouvellement annuel d'une partie de ces stations. Les stations temporaires sont implantées lors de la détection d'une infestation afin de mieux circonscrire ses limites. Elles sont actives durant toute la durée de l'infestation. Les stations ponctuelles permettent de détecter des problèmes forestiers de courte durée et elles sont créées chaque année pour compléter le réseau devant un problème particulier. Ce réseau permet de surveiller en priorité les peuplements les plus vulnérables dans les endroits où les maladies et les épidémies d'insectes sont les plus récurrentes. Une équipe de techniciens du Ministère y recueille les données requises pour détecter la présence d'insectes nuisibles et de maladies des arbres, pour dénombrer les populations d'insectes et noter les fluctuations et les dégâts causés par ces ravageurs. Des pièges à phéromones installés dans des stations choisies avec soin permettent de détecter des populations larvaires à des niveaux très faibles. Lorsqu'ils notent une prolifération d'insectes ou de maladies dans un secteur donné, les techniciens y effectuent un relevé intensif afin de cerner l'ampleur du problème.

Au besoin, ils effectuent des vols de reconnaissance, à bord d'un avion ou d'un hélicoptère, pour évaluer l'envergure et la gravité des dégâts. Enfin, grâce aux données fournies par certaines stations météorologiques, on construit des modèles mathématiques qui permettent d'évaluer, à une journée près, le stade de développement atteint par certains insectes cibles. Cette information est particulièrement importante lorsqu'on doit mettre un programme de lutte en branle.

La détection rapide des ravageurs forestiers qui menacent les plantations implique un inventaire annuel extensif dans l'ensemble des aires reboisées du Québec. Cet inventaire est effectué dans un réseau d'échantillonnage dont le nombre de plantations retenues dans une région administrative donnée est proportionnel aux travaux de reboisement effectués dans cette région. Chaque année, on remplace environ 10 % des plantations afin de maintenir intacte la structure d'âge du réseau de surveillance. Les méthodes d'échantillonnage retenues pour détecter les ravageurs permettent d'en estimer l'abondance, de localiser l'épidémie ainsi que d'évaluer ou de prédire les dégâts. Soulignons qu'il est parfois nécessaire de regrouper les informations provenant de certaines régions administratives afin d'établir des statistiques.

Sans avoir à ratisser systématiquement tout le territoire québécois, les spécialistes du Ministère et de la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies (SOPFIM), en collaboration avec les gestionnaires forestiers concernés, sont en mesure de détecter les problèmes entomologiques ou pathologiques assez tôt pour élaborer des plans d'intervention adéquats et les mettre en œuvre à point nommé.

La lutte

Même si le Québec privilégie une sylviculture préventive pour minimiser les pertes attribuables aux insectes et aux maladies, la lutte directe est un outil complémentaire qui s'avère parfois indispensable. Cette intervention de lutte se fait alors avec des produits éprouvés qui n'ont que peu d'impacts sur l'environnement.

Le Ministère a confié à la SOPFIM la responsabilité de planifier les programmes de pulvérisation d'insecticides biologiques et de les mettre en œuvre lorsqu'on ne peut protéger les forêts autrement. Soulignons que la SOPFIM n'intervient pas automatiquement dès qu'on lui signale une prolifération d'insectes. Les spécialistes et les gestionnaires concernés évaluent d'abord conjointement les pertes à appréhender sur le plan économique, compte tenu de la gravité de l'infestation, du comportement de l'insecte et des dommages rapportés dans le passé. Avant de déclencher la lutte, on considère tous les moyens d'intervention possibles. La décision d'intervenir est basée à la fois sur un seuil économique au-delà duquel les pertes prévues sont inacceptables et sur un seuil d'intervention, qui correspond aux concentrations d'insectes jugées suffisantes pour causer les pertes appréhendées. Le recours aux pulvérisations aériennes d'insecticides biologiques est donc généralement dicté par des considérations économiques, comme la nécessité de préserver les sources d'approvisionnement des industries forestières.

Le seul produit autorisé pour lutter contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette, l'un des principaux défoliateurs des forêts québécoises, est l'insecticide biologique Bacillus thuringiensis (B.t.k.). Cet insecticide est aussi homologué et autorisé pour lutter contre l'arpenteuse de la pruche et la tordeuse du pin gris.

Les Québécois sont fiers de leur système de protection des forêts contre les insectes et les maladies. Ce système technologiquement avancé reflète en effet la richesse de l'expérience qu'ils ont acquise lors de la dernière épidémie de tordeuses. Il est d'autant plus prometteur qu'il est étayé par un effort de conscientisation collective qui repose sur un principe incontournable, en foresterie comme dans les autres domaines, « Mieux vaut prévenir que guérir ».

Voir également

Autres liens




Retour à la page précédente